Musiques des Indiens des Andes

Ils viennent de l’Aquitaine et du Limousin, de Bordeaux à Collonges, de Terrasson à Donzenac. Le hasard de la vie les a fait se rencontrer dans les profondeurs de la spéléologie. Des entrailles de la terre aux sommets des montagnes, il n’y a qu’un pas à franchir. Et facile à imaginer. Mais de là à s’immerger, corps et âme, dans la culture musicale des indiens d’Amérique du Sud, on se croirait aspirer dans l’univers éclaté des poètes surréalistes ! C’est pourtant ce qu’ils ont fait.

Ils se nomment Serge Thénèze, Patrick Rigaudie, Daniel Chartier et Guy Soler. Après l’ivresse des cimes, leur fascination pour les musiques millénaires des indiens de l’altiplano et de la selva de Bolivie, de l’Equateur et du Pérou, les a réunis de nouveau. Autodidactes, travailleurs acharnés, après des mois de répétition, ils ont donné leur première prestation musicale exotique à Collonges à l’invitation du Foyer rural et des Amis de Collonges devant une salle comble et un public enchantée.

Les sons lancinant des flûtes de pan, sous fond de guitare, de percussions et d’instruments exotiques au nom indien imprononçable, ont envoûté les auditeurs invités à sortir des sentiers battus des rythmes occidentaux rebattus. En fermant les yeux, on se serait cru à 3000 mètres d’altitude, dans l’immensité de la solitude andine. Mais nul besoin de plonger dans sa photothèque intérieure pour créer l’illusion. Grâce aux splendides images projetées en toile de fond par Nicolas Barbarin et Sophie Baudet fixées en Bolivie et au Pérou lors de leurs derniers voyages, le dépaysement fut total, visuel et sonore.

Le groupe musical s’est intitulé Los Q’ara, ce qui veut dire non-indien pour les paysans des Andes. Non pas étrangers, dans le sens péjoratif des occidentaux, mais d’ailleurs tout simplement. Des « Q’ara » bien français qui furent reçus à bras ouverts lors de leur dernier voyage en Equateur grâce au meilleur passeport qui soit au monde : la curiosité pour la culture de ceux qui vous reçoivent. Surtout quand, elle est si bien partagée grâce au langage universel de la musique.